LE MATCH DE LA JOIE ENTRE LE GRAND SEMINAIRE SAINT-GALL DE OUIDAH ET LES RELIGIEUX DE SEGBANOU (1-1)

LE MATCH DE LA JOIE ENTRE LE GRAND SEMINAIRE SAINT-GALL  DE OUIDAH  ET LES RELIGIEUX DE SEGBANOU  (1-1)

 

Le dimanche 14 décembre 2014, la traditionnelle rencontre annuelle qui oppose depuis plusieurs années déjà l’équipe saint-Galloise à son homologue des religieux de Sègbaanou eut lieu sur l’emblématique terrain du séminaire Saint-Gall centenaire, terrain dont la renommée a traversé les frontières de Minatinkpon et a même atteint le palais présidentiel qui le retint le jeudi 04 décembre dernier comme aérodrome pour l’hélicoptère présidentiel.

Quelques minutes avant la rencontre, on pouvait lire sur les visages des supporters saint-gallois plusieurs interrogations les unes aussi légitimes que les autres : que va-t-il se passer cet après-midi ? Ces religieux vont-ils encore nous imposer leur hégémonie habituelle ? Ou peut-être que la sélection héritée du coach Athanase HOUNTON par Damien MENOU est-elle décidée à montrer de nouvelles performances ! Peut-être que le nouveau souffle apporté par les joueurs de la promotion ND de l’Immaculée Conception pourra rehausser les habitudes classiques de notre équipe ! Chacun était laissé à ses interrogations et hypothèses de réussite ou d’échec. Dieudonné AGBON et Janvier GBENOUKPO interviewés au cours du déjeuner pronostiquèrent chacun avec un léger sourire : 2-1 en faveur de Saint-Gall.

Pour la circonstance, un nouvel arbitre central, le père Juste ZEKPA, Administrateur de la paroisse d’Atchakanmè fut spécialement invité comme juge des deux parties. 16h 22, après les formalités d’usage et la prière de début dirigée par le père Ernest GBEDAN, l’arbitre lançait les hostilités sous le regard interrogateur des supporters des deux parties.

Dès la 2ème minute, une belle occasion loupée survient pour les Saint-Gallois avec le corner exécuté par Spéro DOMINGO. A la 15ème minute, un face à face raté de Pacôme BALLE face au gardien des capucins, Emile, maintint un moment en émulation les supporters, soutenus par l’animation des soldats de la joie arrivés au front 25 minutes après le début du combat. A la 28ème minute, de violents forcings entre Sébastien et Calvin, le n°7 capucin, celui-là même qui le premier déchira les filets de Lévi HINGLO l’année dernière inquiéta un moment les Saint-Gallois. Quelques secondes après cette action, dans un duel parfaitement géré par Blaise et les siens, Spéro DOMINGO inscrivit le premier but du match. Alex KOUKPODE, jusque-là endolori dans son élan à jouer le tam-tam retrouvait des forces qui lui firent initier un nouveau génie musical pour ses compagnons. 17h OO, l’arbitre sifflait la fin de la première partie.

Dans les coulisses de l’équipe saint-Galloise, Irénée DEGBE rappelle à ses coéquipiers le système de jeu convenu : « Nous devons assurer le milieu pour nourrir les ailes ». A cette belle remarque, le père Ernest GBEDAN, aux côtés du coach Damien répond : « Exactement, le milieu. Mais les amis, il faut assurer comme cela ». Le père économe, héraut de la joie survint dans la discussion et lança : « Mettez-leur un second but dès les 5 premières minutes de la seconde période. Ils seront démoralisés. »

17h15, la deuxième partie commence avec un beau coup franc raté par le 8 capucin. Dans un léger duel avec Saturnin AÏSSINOU, à la 47ème minute le même joueur exaspéré prit celui-ci par la main et le roula au sol comme une légère boule de pétanque au grand étonnement de tous. Tout présageait l’espoir de la victoire. On en était là quand une faute de main d’Augustin SIDI à la 28ème partie de la seconde période conduisit à l’égalisation par le redoutable Kévin, le 17 capucin. Les supporters capucins jusque-là endormis par le précédent but de Spéro revenaient alors à la charge à la grande confusion de Jérôme BEMBE, Romaric BEHANZIN, Thomas d’Aquin DOHOU, Rémi SOSSA et leurs compagnons « soldats de la joie » qui ont dû momentanément retiré les munitions de leurs armes. Dans la mêlée, une délicate touche de main par Sylvain ZOMAHOUN dans la surface de réparation échappa heureusement à la vigilance de l’arbitre, à la grande satisfaction des saint-Gallois. Nous égrenons désormais les dernières minutes du match. La température était visiblement montée des deux côtés. Il fallait à tout prix tirer son épingle du jeu. La tête, le cou, le nez, la bouche, les oreilles et la poitrine, toutes les parties du corps étaient bienvenues, pourvu que la balle atterrisse dans les filets de l’adversaire. Mais la fatigue se lisait dans tous les visages et sur toutes les tapes de balle. Il fallait mettre fin au massacre. A 18h 01, le père Juste arrêta les hostilités.

Par ailleurs, notons que le 11 des religieux était essentiellement constitués de capucins, majoritairement philosophes. Les rares camiliens de la partie se retrouvaient à la touche, soit parmi les supporters, soit parmi les photographes. Il faut en outre noter en plus de ceux sus-cités, la présence dans les gradins des pères Claude YAÏ, Raymond SOBAKIN, Cyrille CHABI, Ambroise MEDEGNAN, Apollinaire TOMEHO et Julien ZOSSOU. Ce dernier en bon historien sage et prudent, soucieux de ne pas constituer un sujet d’histoire en ce jour de la joie s’assura de stationner sa voiture loin, hors du périmètre franchissable par les balles. Le beau spectacle s’acheva ce soir avec les agapes fraternelles que partagèrent les joueurs dans la liesse des deux équipes d’animation.

L’histoire retiendra que ce match fut l’une des plus belles rencontres sportives de Saint-Gall en cette année académique. Les supporters étaient sortis nombreux et l’écho en est même parvenu aux habitants des environs qui ne voulurent pas se faire compter l’événement. Un nouvel épisode sportif de notre maison vient de s’achever.

Juventus AMOUZOUVI, Etudiant en théo 3 saint-Gall